Un critère fiable de la vie sur une autre
planète ?
Les recherches pour définir un critère aussi peu
anthropomorpique que possible de la présence de la vie sur une
planète, ont abouti à la chaîne de raisonnement
suivant :
- La vie se définit comme une information complexe et
codée qui peut se répliquer, cette réplication
devant se faire avec parfois des erreurs pour permettre
l'évolution.
- On n'a pas trouvé de meilleur support d'une information
complexe que les chaînes carbonées de la chimie organique
: on peut songer à plusieurs autres supports (des cristaux par
exemple) mais aucun n'a la richesse des chaînes carbonées
qui permettent des combinaisons à l'infini grâce à
ses quatre électrons de valence qui autorisent des liaisons soit
avec des réducteurs (H) soit des oxydants (O, S) et surtout des
liaisons multiples. La chimie du Silicium, par exemple, est
très loin d'être aussi riche. De fait, toutes les
grosses molécules qu'on découvre dans le milieu interstellaire de notre Galaxie
ou de galaxies très distantes, sont des chaînes
carbonées.
- Pour trouver dans
l'atmosphère d'une planète primitive le carbone
indispensable à la vie, on dispose d'une source abondante : le
gaz carbonique
(monoxyde CO ou dioxyde de carbone CO2) qui doit à peu près certainement y être présent en grandes quantités.
- Prendre
l'atome de carbone de CO, c'est alors nécessairement
libérer l'atome d'oxygène O : l'oxygène doit ainsi
forcémnt être produit dans le
mécanisme de construction de la biomasse (sur terre, par
exemple, c'est la fonction chlorophyllienne qui est en jeu, mais ce
n'est pas nécessairement ce mécanisme qui est
supposé être universel).
- L'oxygène a cependant la propriété de
disparaître très rapidement (au sens astronomique, c'est
à dire en centaines de milliers d'années) en oxydant les
roches, c'est à dire en produisant de la rouille =>
détecter de l'oxygène sur une planète implique donc qu'il existe un mécanisme qui le produit en
permanence pour remplacer celui qui disparaît.
- On
n'a pas trouvé d'autres sources d'oxygène que la vie pour
assurer cette production : tous les autres
mécanismes imaginés (on
parle de sources abiotiques) sont tous inefficaces ; pour être
plus précis la présence simultanée
d'oxygène et de gaz carbonique ne peut s'expliquer que par la
chimie de la vie.
- Conséquence : dans l'atmosphère d'une planète, la détection de gaz carbonique et d'oxygène, ou mieux encore de son sous-produit l'ozone O3 qui est un traceur plus sensible, implique presque sûrement la présence de vie.
- Enfin, pour que les réactions qui mènent
à
la construction des chaînes carbonées complexes se
produisent, il
faut de la mobilité aux molécules pour favoriser
leur approche mais aussi permettre leur repliement sur elle-même,
ce qui autorise des effets clef/serrures entre molécules :
l'eau, liquide polaire à grande mobilité
est unique pour assurer ce rôle et favoriser ces deux
mécanismes.
VIE = Information codée ET
répliquée (avec parfois des erreurs...)
Codage |
Réplication |
 |
 |
 |
Chaîne
carbonées |
réactions facilités |
Clef/serrure |
 |
 |
C pris à CO |
Eau liquide |
 |
O
libéré |
 |
O3 |
=> Ozone + Eau + Gaz carbonique = VIE

Signatures infrarouges
- Coup de chance : les trois composants-clef, O3, H2O,
CO, dont la détection impliquerait presque sûrement la vie ont des signatures qui pourraient être
observées dans le spectre infrarouge d'une
planète
- Ce sont des bandes larges, bien identifiables, entre 6 et
20 µm
- Si on compare les spectres de la Terre (bleu), de Mars
(rouge)
et de Vénus (orange), on ne voit effectivement ces trois
signatures simultanément que pour la Terre.