install
surSunfizz  

lePrincipe

(Plus tard pour la théorie)
Voir les bons sites : par exemple
sur voilelec et sur  hisse-et-ho
Mon schéma : (en bleu : eau de mer basse pression, en rouge : eau de mer haute pression, en vert : eau douce)


schema

materiel

En suivant le circuit dans le sens du courant :

- Un té de repiquage : Pris sur le circuit de refroidissement moteur juste après le filtre de décantation, on le fait suivre d'une vanne d'équerre pour l'isolement.
- Deux vannes équerre : une pour couper/permettre l'arrivée  d'eau de mer, l'autre pour la tétine de rincage qui servira en fin de saison.
Chez castorama-merlin-BHV

- Une pompe de gavage : Modèle : Marco 35l/min à turbine. Montée dans le bac à batteries (une des batteries a été transférée dans le coffre de la cabine AR babord). Fixée horizontalement pour éviter les coulures en cas de fuite .
- De la tuyauterie  basse pression + colliers inox : Tuyau armé standard  pour éviter les plis
- Un double filtre : Il contient un tamis 60 µm et une cartouche pour particules de 5 µm. Il est couplé à un manomètre BP qui indique le niveau d'encrassement. Installé dans le coffre de la cabine AR babord.
- Une pompe haute pression : Modèle : Shark 301 Hotsy/Ro . Installée sur une platine fixée sur un bâti au dessus du bac à batteries. Est entraînée par le  moteur Perkins via deux  poulies dont une électromagnétique.
Pompe volumétrique : donne toujours le même débit pour une vitesse de rotation donnée : 1500 t/min => 13 l/min
  - vitesse correcte : 1500 t/min ; mini : 900 t/min ; maxi : 3000 t/min
  - couple C : puissance = C Ω = pression x débit  => C  = pression x débit / Ω
    C = 65e5 x (13e-3 / 60) / (1500 x 2  π /60) = 8.6 Nm
  - puissance = C Ω = 8.6 x 1500 x 2  π /60 = 1.35 kW  => l'entrainer par un moteur électrique serait peu réaliste

- De la tuyauterie haute pression : Les liaisons se font par des tuyaux et des olives haute pression.
- Une cartouche haute pression contenant la membrane : Elle renferme la membrane et doit résister à 100 bars ; elle est fermée par deux couvercles percés pour les tuyaux. Installée dans le coffre de la cabine AR babord, elle est facilement accessible en soulevant le panneau sur charnières de la couchette. La cartouche contient la membrane qui se présente comme un cylindre recouvert d'epoxy qui s'enfile dans la cartouche. C'est le coeur du dessal. Attention :  elle peut se polluer au contact d'hydrocarbures ou de chlore.
- Un manomètre haute pression : Il permet de contrôler l'ajustement de la pression aux 65 bars nominaux.
- Une vanne d'étranglement : Elle permet d'ajuster la pression.
- Une soupape tarée à 70 bars : Sécurité et contrôle du réglage (on étrangle un peu moins quand elle commence à tousser).
- Un tuyau de sortie d'eau salée : Il évacue l'eau enrichie en sel : 90 % du volume aspiré. Il se termine dans le tuyau du vide-vite babord de cockpit, par une petite tétine latérale, après être passé le long du coffre AR babord.
- Un tuyau de sortie d'eau douce : Il peut être aussi long qu'on veut mais ne DOIT PAS COMPORTER DE ROBINET ! Il sort à travers le coffre AR babord dans un petit nable installé à côté des deux nables de fuel et de réservoir d'eau. Avec 1m50 de tuyau qu'on peut tirer, il permet de remplir les 2 réservoirs ou tout récipent dans le cockpit.

mecanique

- Une poulie à monter sur la poulie du diesel :
Réalisée par France-poulies à partir d'un plan fourni. Elle se compose d'une rondelle qui se monte sur la poulie de vilebrequin du Perkins, et de la poulie proprement dite qui se visse sur la rondelle (le diamètre sur lequel se trouvent les trous taraudés de la poulie du Perkins ne permettait pas une pièce unique). Elle est calculée pour que la pompe HP tourne à 1500 t/mn quand le moteur tourne à 2000 t/mn (le régime nominal sur notre Sunfizz). Son profil est bien sûr le même que celui de la poulie électromagnétique (ci-dessous) : ici elle comporte 4 raînures.

poulie rondelle
- Une poulie électromagnétique
Récupérée sur le compresseur de climatiseur de ma vieille ZX. L'axe en acier a été conservé en le sciant.
- Une courroie
Elle doit s'adapter à la poulie électromagnétique. Type Polyfill de chez Hutchinson : ref :  597 PK4
- Un accouplement mécanique entre compresseur et poulie électromagnétique
C'est un manchon qui relie les deux axes. Accouplement élastique ROTEX RTE-A-19  : permet un certain désalignement entre les deux axes. Commandé sans alésages, a été alésé ensuite au diamètre de chacun des axes.
- Une platine support
Planche de dural sur laquelle est boulonné le compresseur HP et  l'équerre supportant la poulie électromagnétique.
- Un bâti

Il supporte la platine. 1 cornière acier mise en U (découpe à la scie d'un angle de 90°) et fixée dans les flancs du compartiment batteries et 1 cornière acier fixée au niveau des plots d'ancrage des supports du moteur Perkins.


elc

- Un relais 12V costaud

Alimente la poulie électromagnétique et la pompe de gavage.
- Un interrupteur
Alimente le relais à partir du 12V de la référence du répartiteur de batteries : ainsi l'alimentation est coupée quand le moteur Perkins ne tourne plus, ce qui est une sécurité quand on oublie de couper le déssalinisateur avant d'étouffer le moteur diesel. L'interrupteur est placé sous la descente à côté de l'interrupteur de de la pompe de cale.

photos

Dans l'ordre, en suivant le courant d'eau :
poulies               filtres
La pompe de gavage et sa tétine de rincage                                      le double filtre et son mano d'encrassage

compresseur HP        poulies
  Le compresseur HP et les deux poulies       Les  deux poulies avant montage vues du moteur

   cartouche        mano   
Cartouche HP dans le coffre de couchette AR babord                 Le manomètre HP, la vanne pointeau et la soupape tarée

detail  
La sortie de la cartouche : enfin de l'eau douce !

fonctionnement
        
Pas de mauvaises surprises à la première mise en marche : juste quelques tours 
supplémentaires de ruban teflon  là où ça fuyotair. Seul un réajustement de l'épaisseur de la poulie sur le Perkins a été nécessaire en fin de saison, pour bien aligner les deux poulies, après qu'une courroie ait été grignotée par frottement latéral.
Une seule cartouche est en service pour le moment, mais la production de 30l/h est pratiquement atteinte en été en Méditerranée (la production dépend de la température et augmente avec elle) : ça compense bien les besoins.
Au niveau  du réglage de la vanne d'étranglement : la disposition sous la couchette AR babord dont le panneau se soulève partiellement très aisément sans enlever le matelas  (il suffit en fait de pouvoir passer la main) permet de rapidement régler la pression quand la soupape tousse, en particulier lors des augmentation de régime.
Pour les nuisances sonores : c'est un peu plus de bruit qui s'ajoute à celui du moteur mais pas de vacarme épouvantable.
La perte de puissance sur le diesel est perceptible : 150 tours en moins au compte-tour quand le déssal se met à fonctionner.
Le tuyau d'écoulement à l'arrière du cockpit est une solution très confortable : accès aux deux nables des réservoirs et remplissage des récipents dans une zone qui ne craint pas les éclaboussures (mais y en a-t-il une de zone qui les craigne, sur un voilier ?).
Hivernage : c'est là que la tétine révèle son utilité. On coupe le robinet d'arrivée d'eau de mer et on ouvre celui de la tétine. On branche sur ladite tétine un tuyau qui va plonger dans un seau de 10 litres d'eau douce additionnée de 150 g de métabisulfite de sodium (en vente dans certaines pharmacie qui font des préparations, par exemple à Paris : Laboratoire pharmaceutique Delpech, 5 rue Danton 75006). On ouvre en grand la vanne d'étranglement et on alimente la pompe de gavage en direct avec un fil volant à pinces crocodiles  sur le 12 V de la batterie toute proche. Quand tout le seau est aspiré, on ferme la vanne de la tétine et on laisse macérer jusqu'à l'année prochaine. Ca prévient des mauvaises odeurs dues aux bactéries qui se développeraient dans le circuit, en particulier dans le double filtre.

remerciements

Rien n'aurait été possible sans Eric, le frérot artisan qui a fourni pas mal des pièces maîtresses, les conseils, le schéma et surtourt a apporté son expérience lors du montage final (2 jours quasi non-stop) alors qu'il était de passage loin de son île  Malgache préférée.
Merci aussi à Claude et Vartan qui ont fait des usinages délicats (alésage, rondelle de la poulie et quelques taraudages).